1978, Le deuxième album paraît (sans titre non plus). Il comporte les mêmes recettes que le précédent, mais Robert Fripp est encore plus présent et produit l'album. Le
génial "On The Air" ouvre l'album et l'on pénètre à nouveau dans le mondre sombre de Gabriel et chirurgical de Fripp. Le LP est toujours à contre courant de l'époque, il est intemporel.
Toujours aussi agréable à écouter presque trente ans plus tard.
Le troisième album est produit par steve Lillywhite en 1980 (pas de nom). David Rhodes prend le lead guitar, même si Fripp est encore un peu présent. Le style est
beaucoup moins sombre et plus aéré. Phil collins son ancien complice vient jouer sur quelques titres et Kate Bush assure les backing vocals. L'album est un peu plus commercial que les
précédents, mais dans le bon sens du terme. Il est finalement l'aboutissement artistique de ces trois années en solo. Toujours dans le style Peter Gabriel, l'album est magnifié par les titres :
"Intruder", "I Don't Remember", "Games Without Frontiers", et surtout "Biko" en hommage à Steven Biko emprisonné et tué en Afrique du Sud. Cette chanson devient un hymne contre
l'appartheid.
L'album sort aussi en allemand avec des arrangements légèrements différents.
C'est en 1982 que Gabriel ressort un nouveau LP ( toujours pas
de nom sauf aux USA où il s'appelle "Security"). Les percussions sont omniprésentes et le style est de plus en plus épuré, le tout
enregistré en digital. C'est métallique mais très chaud à la fois car teinté d'Afrique et d'Amérique du sud. La voix de Gabriel atteint la perfection. David Rhodes est à la guitare, Tony Levin
à la basse et toujours Jerry marotta aux drums. Album quasiment parfait, il comporte "The Rhythm of the Heat", "San Jacinto", " I Have the Touch" et le hit : "Shock the
Monkey".
Comme de coutume les paroles sont engagées.
Il existe aussi une version allemande (mix différent).
Très très bon
album.
1983 : Premier double live : "Peter Gabriel Plays Live". L'essentiel des quatre albums précédents. Les chansons sont magnifiquement revisitées et le son live est nickel, un pur
bonheur.
Peter Gabriel compose en 1985 la musique du film
"Birdy". Cette B.O. est largement inspirée de l'album security, ce qui donne de magnifiques
instrumentaux.
Le nouvel album studio produit par Daniel Lanois arrive en
1986, il se nomme "So" et c'est le premier d'une trilogie. C'est aussi un succès mondial phénoménal. Le single
"Sledgehammer" n'y est pas pour rien (3 millions de singles aux USA). L'album est plus ouvert à un large public : "Big Time" et "Sledgehammer", mais ce n'est pas au détriment de la qualité. On
retient aussi "Don't Give Up" (duo avec Kate Bush qui parle du chômage), "Mercy Street", "In Your Eyes" et "Red Rain".
Gabriel est enfin apprécié à sa juste valeur et certains
redécouvrent enfin ses quatre premiers albums.
Manu Katché, le batteur français est présent sur quelques titres et suit Peter Gabriel en tournée.
Au lieu de surfer sur ce succès en bradant un nouvel album
similaire, Gabriel enregistre seulement un titre sur l'album de son ami Youssou n'Dour en 1988 : "Shaking the Tree".
Il signe l'année suivant la B.O. du film de Scorcese,
"La Dernière Tentation du
Christ". Une musique qui colle parfaitement à la chaleur pesante du film.
En 1990 sort une compilation de 16 titres :
"Shaking the
Tree", dont certains sont remixés : "I Have the Touch" et même réenregistrés : "Here Come the Flood" (superbe
version piano / voix).
C'est le grand retour en 1992 avec "Us". Second volet de la trilogie entammée avec "So" . Succès planétaire pour ce nouvel album emporté par les titres : "Steam", "Come Talk to Me"
et surtout le magnifique "Digging in the Dirt". Le style a changé, il est beaucoup plus de groove, le son est plus chaud, la basse est omniprésente. Il incorpore des sonorités en phase complète
avec le label Real World créé en 1989 par Gabriel pour promouvoir et produire les artistes et les musiques du monde.
Qui dit succès mondial dit tournée mondiale et un double live :
"Secret World
Live" sort en 1994. Toujours nickel, l'album retrace les 17 ans de carrière solo de Gabriel. Le son est parfait,
les musiciens aussi.
Il faut attendre 6 ans pour que Peter Gabriel sorte un album
concept : "Ovo The Millenium
Show".
Pas vraiment un album de Peter Gabriel, au sens d'une collection de chansons, mais la musique,
entièrement composée par lui, du spectacle "Ovo The Millenium Show", donné en décembre 1999. Cette musique, tout comme le spectacle, évoque le passé, le présent et le futur du monde. Il mélange
musiques ethniques (notamment grâce au violoniste Shankar, mais également à des emprunts à la musique irlandaise), rock (les guitares de David Rhodes, la basse de Tony Levin, la batterie de
Steve Gadd ou Manu Katché), électronique et chant, avec la présence de Ritchie Havens, Paul Buchanan : "Blue Nile", Elisabeth Fraser et, Peter Gabriel (quand même), comme sur le très beau "
Father, Son ". Une grande oeuvre.
J'ai la version collector avec un livret de BD, c'est très beau.
L'année 2002 s’avère être une année exceptionnelle pour les fans de Peter
Gabriel... Tout d'abord : "Long
Walk Home", une BO passionnante qui nous entraîne dans l’histoire sombre du continent australien et de son peuple
aborigène. (Le film, "Rabbit Proof Fence", reste à ce jour inédit sur les écrans français.)
La musique, fortement ethnique, est marquée d’une ambiance aride, pesante : "Jigalong", "The Tracker", "Go Away Mr Evans", dramatique et triste, procurée par des percussions menaçantes :
"Stealing The Children", le son inquiétant du didgeridoo et les envolées de cordes :"Running in The Rain", "Gracie’s Recapture". Peter Gabriel (aux claviers, piano, surdu, clap sticks...) est,
comme on pouvait s’en douter, accompagné d’une multitude d’artistes du label Real World : Richard Evans, David Rhodes, Shankar, Doudou N’Diaye Rose, The Blind Boys of Alabama, ou le regretté
Nusrat Fateh Ali Khan dont la voix est samplée sur Crossing The Salt Pan.
Beaucoup de monde donc, mais paradoxalement, Long Walk Home est moins «animé» que
Passion, auquel il fait irrémédiablement penser (ainsi qu’à "Birdy"). Il faudra des écoutes répétées pour se familiariser avec ses ambiances un peu déconcertantes, mais sans doute dictées par
le déroulement ou le sujet du film. Cette BO devrait en tout cas intéresser les auditeurs les plus exigeants de l’oeuvre du GAB’.
Mais 2002 c'est surtout "Up", dernier volet de la trilogie (So-Us-Up), et c'est probablement l’un des meilleurs disques du maître. L’ambiance générale est plutôt sombre.
Up est une réflexion sur la vie, la mort :"No Way Out", qui apparaît sur la version promo sous le titre "Don’t Leave " et qui parle d’un accident de voiture, les peurs enfantines : "Darkness",
le moyen d’affronter ses propres peurs ou de soigner les blessures humaines : "I Grieve". L’album fait preuve d’une grande diversité sonore, allant du gospel :"Sky Blue" avec The Blind Boys of
Alabama, qui est la version chantée de "Cloudless" sur Long Walk Home, aux rythmes plus électroniques : "Growing Up", "The Barry Williams Show", en passant par des arrangements intimistes :
"The Drop", ou au contraire classico-symphoniques :"My Head Sounds Like That", "Signal to Noise". Les invités prestigieux se succèdent tout au long du disque : Daniel Lanois, Nusrat Fateh Ali
Khan (voix samplée sur le superbe "Signal to Noise"), Shankar et Melanie Gabriel (chœurs sur "Sky Blue" et "More Than This").
Une totale réussite.
2003, "Hit" est une double compilation des succès de Gabriel qui porte bien son titre. Un double cd est un minimum pour avoir un aperçu de l'oeuvre. Idéal
pour découvrir et ensuite se jeter sur tous les albums.
Peter Gabriel sort aussi en 2003 le DVD live issu de la tournée
"Growing Up
Live"
L'image est d'un piqué et d'une balance des couleurs exceptionnels, le son parfait offre une belle image stéréo et un spectre large. Ceci étant dit passons au contenu lui-même. Le répertoire
excellent fait la part belle au dernier album studio "UP" mais Peter Gabriel n'en oublie pas moins ses anciens grands classiques tels "Red Rain", "Mercy street", "Solsbury Hill" et "Sledge
hammer". Le spectacle est exceptionnel et on assiste à une véritable mise en scène. Les moments les plus forts se situant pendant l'interprétation de "Downside up" et "Growing up". Durant le
final du premier titre cité, Peter Gab et sa fille se retrouve la tête en bas tout en tournant sur un portique au centre de la scène; durant le second titre, le chanteur est à l'intérieur d'une
sphère en plastique transparent qu'il fait avancer ou sauter au gré du développement du morceau : incroyablement original et spectaculaire. Un autre grand moment : l'ouverture du concert par un
"Here comes the flood" interprété en solo par Gabriel au piano.
Un des meilleurs live jamais enregistrés.
Site de Peter Gabriel.